munus


— pavillon éphémère pour les journées culturelles SIA



MATÉRIAUX/ échaffaudages, panneaux bakélisés,
filet d'échaffaudages
DIMENSIONS/ 590 m³
POUR/ SIA, société suisse des ingénieurs et des architectes
LIEU/ Place Saint-Gervais, Genève
DATE/ 20-29 mai 2016
ÉQUIPE/ Antoine Guay, Gaspar Reverdin, Amélie Freyche, Medi Spiegelberg, Jessica Brancato, Timothé Deschamps, Aurélien Reymond




Dans le cadre des journées SIA, le pavillon central prend la forme d’un morceau d’amphithéâtre réactivé. Un bloc jadis monumental se laisse deviner dans un vestige au sens figuré. Par un geste de redécoupage et d’incrustation spatiale, l’installation abandonne ses fonctions traditionnelles et populaires pour se séquencer en un lieu plus intime. Alors que les gradins sont symboles d’une communication publique, politique ou démonstrative; ou encore d’un spectacle de masse ou jeu d’expertise; le pavillon des journées SIA se concentre sur les instants plus individuels et synchrones.




Une référence au théâtre de Curion

Entre 52 et 50 avant J.-C., le tribun Gaius Scribonius Curio rend hommage à son père en organisant un munus, c’est‑à‑dire un événement public festif constitué de jeux, combats, pièces de théâtre. À cette occasion il entreprend un projet d’envergure: «(...) il fit construire, juxtaposés, deux théâtres de bois qui étaient suspendus chacun sur des pivots amovibles; ceux-ci étaient adossés quand on donnait le matin des représentations théâtrales de manière qu’il n’y eût pas de gêne réciproque entre les bruits des deux scènes. On les faisait ensuite pivoter et, après l’expérience des premiers jours, certains spectateurs restaient même assis, le fait est sûr et les deux extrémités des deux théâtres se rejoignant, Curion obtenait un amphithéâtre où il donnait des combats de gladiateurs à qui il faisait courir moins de risques qu’au peuple romain en les faisant tourner. »

Pline l’Ancien, extrait de Histoire Naturelle VIII - 21.






Le container SIA est incrusté avec un angle subtil dans cette agora allégorique, comme une loge exposée plein sud et face à l’écoulement du Rhône méditerranéen. Il est un fort élément structurel. Son positionnement n’est pas dégagé, mais pertinent, parce qu’il prend une échelle humaine aux côtés des aménagements environnants. Cet abri incrusté en diagonale dans la tribune est transitoire : sa fonction est au carrefour de l’intime et du public. Le pavillon hérite de deux fragmentations; la première - par le découpage circonflexe des gradins et l’autre - par l’intégration angulaire du container.






Dans son ensemble, l’ouvrage offre un nouveau regard sur les éléments déjà présents sur la place (arbres, fontaine et bassin), qui s’intègrent à l’installation et démultiplient la topologie urbaine. Au point culminant de cet ensemble, le spectateur peut profiter d’un observatoire presque naturel ou accidentel.




















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