l'expérience rurale


—résidence annuelle en milieu rural.



ORGANISÉE PAR/ le collectif GALTA
LIEU/ Le Theil, Creuse, France
DATES/ 3 - 12 septembre 2015
PARTICIPANTS/ Antoine Guay, Gaspar Reverdin,
Amélie Freyche, Aurélien Reymond, Jessica Brancato, Barbara Jenny, Julien Ecoffey, Jean Primault et Johanna Viprey (BLANC alligator), Laurène Exposito (Micro Cheval), Joséphine Devaud, Emma Linford, Timothé Deschamps










Civitas, urbs, polis: le monde de la ville s’oppose à celui de la campagne, à la maison rurale qui a cette particularité de concentrer les valeurs oniriques de la Nature. A l’épicentre de la France, autour de cette maison rayonne un ensemble de territoires qui, graduellement du potager à la forêt, du domestique au sauvage, permettront d’intervenir à plusieurs échelles et de constituer un terrain d’expérimentation artistique. Grange, étable, four, pêcherie, murets sont autant d’espaces construits qui pourront entrer en dialogue avec les interventions. De captations diverses pourront naître des projets interdisciplinaires, personnels ou collectifs, en cailloux ou en pixels. Collaboration ou isolement, objectif de résultat ou expérience pure, voyage initiatique ou atelier technique, spécialiste ou transdisciplinaire, entre instinct grégaire et réalisation personnelle, tourné vers l’extérieur ou vers l’intérieur?






























Etang anhydre, par Aurélien Reymond. Série de 7 photographies n/b.

Le ponton s'était apprêté à recevoir les clapotis de l'eau. Comme dans un temps accéléré ou hypothétique, là où un monde aquatique aurait dû s'implanter trottinent déjà quelques ruminants. Ce projet de plan d'eau artificiel, avorté pour des raisons paperassières, nous questionne sur la valeur de l'aboutissement. Certains bâtiments, certaines infrastructures, même certains paysages, passent au rang de ruine avant même d'avoir répondu à la fonction qui leur était affectée: ils nous révèlent une esthétique du manque¹.
¹
Marc Augé, Le Temps en Ruine, Editions Galilée






















«[…] Ils partaient vers les «déserts» pour se tenir à l’écart et vivre en tribus, nichés comme des coucous dans les maisons vidées de leur occupants naturels, paysans de campagne ou artisans des villages, bricolant de vieilles demeures pour y inscrire le curieux mélange des habitudes urbaines et du chantier des pratiques communautaires, ne sachant rien des aptitudes de l’architecture à les aider, échouant trop souvent dans la fabrique de ces nouveaux ermitages qui auraient mérité autant de génie que les abbayes cisterciennes.» Claude Eveno

























Troncs, par Aurélien Reymond. Photographie n/b.

Cette ligne d'horizon, rationnelle en tout point puisqu'émergente d'un point de vue photographique (unique) trouve son support sur un ensemble d'éléments naturels homogènes, pluriels. Sommes nous partie intégrante du Tout? Pouvons-nous devenir paysage? Tronquer la Nature? Où se situent les limites de la nature et de l'artifice, de l'homme et de l'environnement?





























« Chaque pierre posée doit être solidement fixée aux autres
à l’aide de cales sans lesquelles le mur ne tiendrait pas.
Creuser les fondations du lieu se révèle être une tâche ardue. Les multiples cloques qui constellent mes mains en sont un témoignage explicite. C’est une affaire digne d’une fouille archéologique. Chacun s’attèle à sa tâche silencieusement. On n’entend que le bruissement des arbres, le chant du vent et les pas sur la terre. Cette terre, aussi douce et fine que le sable, glisse entre les doigts ébréchés. Les pierres sont lancées sur un tas à l’écart tandis que la terre est chargée dans une brouette.

À la fin de la matinée les fondations étaient posées. »

Emma-Lucy Linfor, L’Air des Pierres Dorées, dans le cadre de la résidence.











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