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—unité d'habitation expérimentale.



MATÉRIAUX/ sapin, bâche polyuréthane, laine de lin, marbre gris du Maroc
DIMENSIONS/
1 + 1,1 + 0,3 + 0,5 + 1,6 + 2,2 + 0,1 = 6,8 m²
POUR/ l'association ALJF
LIEU/ Les Garages, Renens
DATE/ mars 2015
ÉQUIPE/ Antoine Guay, Gaspar Reverdin,
Aurélien Reymond
CRÉDIT PHOTO/ ©Christoph Holz (espace habité)












«Le feu enfermé dans le foyer fut sans doute pour l’homme le premier sujet de rêverie, le symbole du repos, l’invitation au repos.»
Gaston Bachelard, la Flamme d’une Chandelle.



«Quoi qu'on puisse dire et faire, c'est [...] sur la structure,
d'abord, qu'en architecture la loi d'unité s'établit, qu'il s'agisse
d'une cabane ou du Panthéon de Rome.»

Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire, Volume 9, Unité. p.340























L’habitat primitif ne doit pas être vu comme une ébauche incomplète, il concentre au contraire toutes les valeurs spatiales qui nous semblent essentielles à l’établissement d’un habitat. La yurt mongole, le thipi amérindien et l’igloo inuit s’organisent irrémédiablement à partir d’un centre, non pas quantitatif et géométrique mais qualitatif et sensible. Déjà le terrier, la tanière, la niche, l’antre, permettent, au même titre que le gîte et la hutte, une retraite paisible mais temporaire.


















Pour Bachelard, ce foyer peut se réduire au cercle de lumière de la flamme, de l’ampoule et c’est lui qui réunit les forces de l’habitation humaine. Ici, sa matière minérale, à la fois porteuse et résistante à la chaleur, s’impose comme le coeur du corps spatial. Organisée autour de ce foyer, l’unité de l’habitation est établie à partir de la structure. C’est elle qui statiquement et psychologiquement permet à la sphère privée d’exister, d’organiser un espace contrôlé, territorialisé, dans lequel les comportements sont connus, facilités par l’expérience du lieu. Ce territoire personnel « où s’inventent des « manière de faire » qui prennent valeur définitoire ». Bien que les surfaces fonctionnelles soient données, la structure, appropriable selon désirs et besoins, devra devenir le support d’un ensemble de fonctions qu’il serait absurde de pré-établir et dont le choix doit être confié à l’hôte. Comme deux pôles, si dans l’habitat la solitude semble être primordiale, la vue collective est tout autant constitutive de ces espaces.












L’abri est le point de départ d’un ensemble de coordonnées, d’étendues oscillant entre public et privé. C’est par différents types de filtres que les relations entre l’espace / soi / les autres existent. Au sein du territoire offert par le couvert du garage, une deuxième membrane translucide qui couvre la maison, libère un jardin. Une peau en fibres de lin, hermétique aux regards et aux courants, définit enfin les limites de l’espace confiné, quoiqu’extensible et malléable, il propose une enveloppe calfeutrée.





























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